Après plusieurs mois d’absence, je reviens sur ce blog. Les vacances étant de retour, j’ai désormais un peu plus de temps pour me consacrer à l’actualité et à mes pensées…
Qu’ai-je fais de tout ce temps pour ne pas pouvoir écrire ???
Cet article va vous raconter une partie de ma vie en école de commerce, un simple échantillon dirons nous, tout ne pouvant pas être dévoilé au grand public… Séquence souvenirs souvenirs !!!
Afin que tout le monde comprenne bien, tout commence par trois années de classes préparatoires, qui même si elles furent exceptionnelles pour moi notamment sur le plan intellectuel, furent des
années de dur labeur et où j’ai passé le plus clair de mon temps à travailler. Si cette période fut difficile, en effet, je ne me plains pas du tout, bien au contraire. Elle m’a permis
d’apprendre à travailler, vite et bien. Elle m’a aussi appris l’humilité face aux autres élèves ainsi que l’importance de la Culture Générale et de la Littérature plus particulièrement. Difficile
à croire que ma seule culture littéraire vient exclusivement de ces années de prépas… Ca me fait penser que l’enseignement secondaire est incapable d’intéresser des jeunes non matures mais bon ce
n’est pas le sujet ici…
Ceux qui n’ont pas jamais vécu de prépas (ou dans un genre différent de médecine par exemple) ne peuvent peut être pas comprendre ce qui va suivre. Pourtant c’est la vie de nombreuses personnes
dans les grandes écoles.
Une fois intégrés en école, c’est une nouvelle vie qui commence pour les élèves. Le premier changement vient du fait qu’il n’y ait pas de concours à la fin de l’année, et donc beaucoup moins de
pression. Ceci implique aussi un changement capital : les cours deviennent secondaires. Pour la plupart d’entre nous, il suffit d’écouter en cours, de faire les quelques exercices demandés
et nous pouvons avoir des notes au-dessus de la moyenne et donc valider notre semestre. Les cours sont aussi beaucoup plus spécifiques, il s’agit d’appliquer des formules ou des méthodes. Il n’y
a quasiment pas de réflexion comme toujours en classes préparatoires.
L’école fait de nous des techniciens qui appliquent leur savoir alors que la classe prépa nous apprenait à réfléchir et à se constituer notre propre savoir.
La différence est importante mais c’est que ces deux institutions n’ont pas le même rôle. La classe préparatoire fait de nous des adultes en nous cultivant, en nous apprenant à travailler.
L’école nous forme à des métiers, nous donne les moyens d’intégrer le marché de l’emploi. La première est purement intellectuelle alors que la deuxième est beaucoup plus pragmatique et concrète.
Je n’ai pas de préférence entre ces deux modèles. Le premier m’a énormément apporté, et en premier lieu le billet d’entrée en école. Mais le deuxième est là pour me former et me permet de
m’épanouir dans tout autre chose, de faire ce qui me plaît, ce qui me motive : ma vie étudiante.
Avant de passer au descriptif de ma vie étudiante surchargée, je tiens à faire quelques remarques :
1) Ce résumé de la vie en école et de la classe préparatoire est partagé par beaucoup d’élèves,
qu’ils soient issus d’écoles d’ingénieurs ou bien d’écoles de commerce (de tout niveau d’ailleurs comme HEC ou l’ESSEC). A ce niveau, il n’y a, pour seul différence, que l’élève et sa manière
d’appréhender sa vie étudiante. L’école n’y ait pour rien (enfin elle influence mais ne change rien sur le principe)
2) Je donne ici un témoignage. Je ne mène pas la même vie que tous les élèves d’école de
commerce, je ne suis pas forcément représentatif. Ce qui suit n’est donc qu’une possibilité de ce que l’on peut vivre dans une grande école française, mais ni une obligation, ni la règle absolue
pour bien vivre son école. Une nouvelle fois, chaque élève est différent !
Première phase : l’acclimatation
En Septembre, c’est la rentrée des classes, comme toujours TF1 et France 2 ne parlent que de ça à la TV, des courses qu’il faut faire etc. Bref, tout ça pour dire que je débarquais dans une ville
que je ne connaissais pas du tout (Nantes), dans une école où je ne connaissais personne et où je devais passer 4 ans de ma vie (techniquement seulement 2ans avec les stages et les années de
césure).
Tout est très bien organisé par les 2A (entendez par là deuxième année). Il y a de nombreux pots, des soirées toutes les semaines, des activités, des présentations de l’école, des associations
and so on !!!
On sent tout de suite qu’il y a un esprit de promo. Tout le monde connaît plus ou moins tout le monde, difficile à imaginer quand on débarque et qu’une promo fait 400 personnes !
Pourtant, très vite on rencontre des gens, on s’amuse, on parle, on se découvre. De gros évènements sont là pour nous permettre de rencontrer encore plus de monde, de trouver les personnes qui
correspondent le plus à notre personnalité. A Audencia, il s’agit d’abord du Triathlon Audencia, organisé tous les ans à La Baule (j’y reviendrai plus tard) puis le fameux et tant attendu WEI
(Week-end d’Intégration).
L’acclimatation ne dure que peu de temps, car tout est fait pour forger un esprit de promo, et pour que l’on rencontre la promo. C’est la partie où l’on est spectateur. On participe aux
évènements organisés par d’autres, on ouvre la porte entrouverte parce qu’il y a toujours de la lumière derrière.
Deuxième phase : Première Assoce et les campagnes
Après un WE fabuleux à participer bénévolement à l’organisation du Triathlon, je décide que l’an prochain je veux faire partie de l’équipe et organiser cet évènement.
Le Triathlon Audencia c’est quoi ?
C’est la finale du championnat de France de Triathlon, c’est des champions du monde, des champions d’Europe. C’est un WE de folie avec 50 000 visiteurs, 4 000 participants.
Mais le Triathlon Audencia c’est surtout un an d’organisation par une équipe de 20 étudiants. Et oui, ce sont des étudiants de l’école, avec le soutien de L. C. créateur du premier Triathlon
Audencia, qui organise un évènement national. Il faut tout prévoir, le financement tout d’abord, puis on doit prendre connaissance du dossier comme on dit. Car personne dans le groupe n’a déjà
organisé de Triathlon, ni même d’évènement sportif.
Le démarchage constitue une partie importante mais très difficile pour les élèves. Nous devons trouver des fonds pour financer un tel évènement, et donc appeler des centaines d’entreprises, les
rencontrer parfois, se faire raccrocher au nez souvent… C’est formateur et professionnalisant… Parallèlement, nous multiplions les réunions, pour nous accaparer l’évènement, le 21° Triathlon sera
le notre, il sera différent, il aura notre marque, notre signature. Il faut aussi commencer à se répartir les tâches et les compétences. Qui sera Président ? Pas moi, dommage, élection
perdue. Mais dans quelques lignes vous comprendrez que cela aura été bénéfique…
Au même moment, c’est les campagnes, préparées depuis déjà plusieurs semaines par les « listes » (= candidats) mais qui pour l’école ne dureront que deux ou trois semaines.
Les campagnes, kesako ? Ce sont les campagnes pour gagner l’élection aux différents bureaux de l’école.
Il s’agit du BDA (Bureau des Arts), du BDS (Bureau des Sports) et du BDE (Bureau des Élèves).
Je n’avais pas envie de m’engager dans un BDE. J’avais déjà été Président du BDE de ma prépa et je m’étais rapidement retrouvé seul à tout gérer. Ce fut des moments fous mais qui me restaient un
peu en travers de la gorge. On se rend compte qu’on ne peut pas faire confiance à tout le monde, dans toute circonstance… C’est dommage, j’étais peut être trop crédule et candide. Soit, je décide
de seulement soutenir officiellement une liste BDE, les Royal Tease.
Une liste BDE c’est avant tout 25 à 30 personnes sur motivées qui doivent faire deux films en 2 semaines, avoir une chorée, une couleur, organiser une soirée pour 720 personnes, faire une journée
d’animations, des petits-déjeuners, une pré-soirée, des rallyes (= prestation de l’on offre aux élèves de l’école lorsqu’ils nous le demande, par exemple rallye oriental, on vient chez vous avec
des chichas et on fume ensemble, ou rallye bière foot, on emmène la play avec PES, des bières et on se fait une soirée bière foot…) tous les soirs, plusieurs amphis à préparer… Mais une liste BDE
c’est surtout une présence à l’école TOUS les jours, TOUTES les heures, c’est représenter à TOUS les évènements des autres listes, c’est de la tactique, de la fatigue, peu, très très peu de
sommeil.
Au final ça donne des souvenirs plein la tête, des moments magiques, des amis, des centaines de personnes rencontrées et surtout … une super victoire et … et … et une demande d’entrée au BDE,
acceptée (après quelques problèmes d’ailleurs mais c’est un autre sujet) !!!
Nous sommes début décembre, bientôt les vacances, et après les partiels. Dans toute cette agitation, les cours n’étaient pas dans mes pensées, mais j’étais présent, j’ai écouté et mon
entraînement en prépa me permettra d’avoir 100% de mes crédits, sans aucun rattrapage.
Troisième phase : A l’abordage !!!
2008 commence, ce sera notre année ! Nous prenons définitivement nos marques dans les associations. Le boulot peut maintenant commencer. Petite pointe de bonheur et de convivialité, les
pulls des assoces qui fleurissent dans toutes l’école avec marqué dessus pour moi :
21° Triathlon Audenica
Seb
BDE Audencia 2008
Seb
Ce n’est pas important en soi mais c’est vraiment symbolique, nous prenons l’école, elle nous appartient !!!
Pour le Triathlon, il s’agit de fignoler quelques détails de démarchages et de faire ce que l’on doit faire. Pour moi ce sera la logistique avec mes deux autres camarades A. D. et F. F. Il faut
que l’on fournisse à tous les autres pôles ce dont ils vont avoir besoin pendant le WE, nous devons nous occuper du transport des 300 étudiants bénévoles, leur hébergement, les moyens de
locomotion du Staff (contrat avec une marque de location d’utilitaires). Et puis il nous faudra tout ranger, tout installer, tout démonter et tout reranger pour l’édition suivante… Sans compter
que pendant le WE nous venons en aide à tous les autres pôles lorsqu’un imprévu montre le bout de son nez… Il faut aussi aller à la Baule, rencontrer la mairie, les policiers etc. Et puis aller
signer les contrats avec les partenaires !!! Mine de rien c’est du boulot, il faut le faire, tout en continuant à aller en cours, à écouter et à travailler pour l’autre association et se
faire aussi un minimum plaisir, c’est le but après tout non ?
Au BDE, je suis au pôle Gala, j’organiserai avec mes autres camarades le Gala Audencia 2008, qui aura lieu d’ailleurs le jour de mon Anniversaire !!! Mais être au BDE c’est être capable
d’aider tous les autres pôles. Ainsi, je suis à la logistique avec mes amis B. M. et M. C. Nous faisons les courses et tous les trajets lors des soirées. Pour ceux qui pensent qu’en école de
commerce c’est « biture express » pour tout le monde, comprenez que nous sommes responsables et que rien n’est laissé à la légère. Les membres organisateurs qui conduisent ne boivent
pas une goutte, des secouristes sont là au cas où (toujours rien de plus qu’une crise d’asthme à signaler…), nous emmenons les étudiants dans les boites en navettes, on s’occupe de leurs affaires
au vestiaire et on leur sert, bien entendu, un peu à boire.
Au-delà de ça, il faut trouver l’argent pour financer tous nos futurs évènements. Car à Nantes, le BDE s’occupe de toutes les soirées, bien sûr, mais aussi des WED (Week-end de désintégration) et
du WEI, de l’accueil admissible (quatrième partie), du gala et de l’organisation des campagnes.
On reprend donc le démarchage à peine laissé par le Triathlon…
On continue d’organiser des soirées, mais en tant que BDE on doit aussi et même surtout représenter la promo. C’est pourquoi nous sommes là à tous les évènements qu’organisent les autres
associations, BDA et BDS en tête. Le T4B (tournoi des 4 ballons), les scènes ouvertes (où j’ai pu faire une chorée mémorable de « partir un jour » des 2be3 avec deux amis…), les Fight
Pod et toutes les pendaisons de crémaillères et autres soirées où se rassemblent en alternance plus de 100 personnes de la promo…
J’ai aussi décidé de participer à la pièce de Théâtre d’Audencia organisée par le BDA. Cette année, on joue Squat le Banc. Je ne suis pas un grand acteur, c’est d’ailleurs la première fois que je
fais du théâtre, mais j’enchaîne avec plaisir les répétitions à un rythme effréné pour le plus grand plaisir d’un Amphi de 400 personnes plein à craquer. Ce fut une expérience unique !!! Il
faut dire que les acteurs étaient vraiment tous fous, on s’est vraiment marré même lorsque pendant 3 semaines on répétait tous les soirs jusqu’à 21h… Et puis l’encadrement était très très bien,
un merci particulier à C. G., C. M. et A. H. sans qui rien n’aurait été possible.
Quatrième phase : Les Admissibles
Les Admissibles sont les élèves issus de prépas qui viennent, après une réussite aux écrits, passer leurs oraux dans l’école. Il faut les accueillir pour que leur séjour se passe bien. Sur
3semaines, nous recevons plus de 2000 étudiants…
N’étant pas au pôle admissible je n’ai pas géré toute cette organisation. Je me suis cependant occupé, avec mes amis B. M., M. P. (mon coloc) et C. N., de la réalisation du film Admissibles 2008…
Vous pourrez le visionner dans le prochain billet qui devrait paraître dès ce soir ou demain…
Ce film nous a pris un temps fou, les deux derniers mois pour être plus précis. Il faut trouver les acteurs, les contacter, tourner les scènes, préparer toutes les scènes et notamment la scène de
fin…
Heureusement que nous étions quatre et que B. M. a fait de l’excellent boulot au montage. En plus il a été un peu moins chiant qu’à l’habitude… lol
Le film est diffusé tous les jours de l’accueil admissible, c’est important qu’il soit réussi et qu’il représente bien l’école, il faut que les admissibles qui visitent presque une dizaine
d’école puisse s’en souvenir au moment de leur choix… J’espère qu’il vous plaira en tout cas !!!
Mais les Admissibles ne se résume pas au film, heureusement d’ailleurs. Ce fut 3 semaines très très fatigantes mais où j’ai eut la chance de rencontrer d’autres promotions, et surtout de parler à
des tonnes d’Admissibles, de les aider, d’essayer de les mettre à l’aise… Nous en avons héberger 4 par soir pour ne pas qu’ils payent l’hôtel, sommes allés chanter au restaurant presque tous les
soirs pour s’amuser et mettre un peu d’ambiance, nous sommes levés à 6 heures du matin pour les accompagner à l’école, nous sommes couchés à 1h du matin pour les soirées au bar avec les
admissibles de la veille, nous sommes marrés tous les soirs grâce à la bande de petits rigolos qui faisait les testo de ciegos (blind test), nous sommes pris des bides pour des blagues pas
marrantes, avons raccompagné presque une centaine d’admissible à la gare ou à l’aéroport, avons fait plusieurs dizaines de visites de ville… Bref ce fut tout simplement génial, un peu fatigant
encore, mais génial de parler à des gens de tous horizons (spéciale dédicace à une réunionnaise qui ira à Paris l’an prochain malheureusement !!!)
Enfin, voilà… voici un petit témoignage de ce que j’ai fais pendant un an… Je suis actuellement en stage, chez Kenzo, j’en reparlerai quand ce sera terminé. Mais à la rentrée, ça va être encore
pire, entre le Triathlon, le WEI, le gala et les campagnes…
C’est vraiment grâce aux associations que j’ai réussi à m’épanouir, et à vraiment aimer l’école de commerce. J’y ai découvert des amis (Chapeau Chinois, A. D., A. F., X. D. …) d’autres personnes
complètement géniales et qui vont me manquer (marraine, copain marraine, M. J., A. F.). J’ai un peu de nostalgie en écrivant cet article. Il faut dire que les sentiments sont multipliés. Même si
le parallèle me déplaît, c’est comme lorsque les lofteurs racontent leur semaines dans le loft… Tous y est accentué et tellement intense…
Je n’ai pas eut beaucoup de temps pour me poser, dormir, regarder la tv etc. Mais au final je me dis que ce n’était pas plus mal… Lorsque je vois l’actualité, je n’ai même pas envie de la
commenter. C’est aussi pour ça que je n’ai écris… De quoi aurais-je pu parler ? Des dérapages à répétitions de Nicolas Sarkozy ? De l’ambition de son fils dans les Hauts de Seine alors
que je m’en contrefiche ? Aurais-je dû écrire un billet sur la libération d’Ingrid Betancourt ? Je pense que les journaux tv et papier en ont largement assez parlé…
Je terminerai donc ce long (trop long ?) article en vous disant au revoir par trois mots qui me tiennent à cœur en ce moment :
YES WE CAN
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